Dis-le moi. Dis-le moi, dis-le moi juste une fois. Pour que je l'entende.
Souffle-le moi dans l'oreille, glisse-le moi gentiment, comme tu le fais si bien, me prenant la main,
comme tu chuchotes ces mots si doux, comme ils glissent ...
Comme les notes glissent de sur tes doigts et vibrent ensuite sur les cordes, et tu chantes enfin bredouilles maladroitement ce qui te sert d'anglais, tout ce qu'il y a de plus clair, I love you, I love you.
Et pourtant c'est si peu, si ridiculement pathétique, de retravailler toutes ces émotions en des mots qui, à coté, de sont rien.
Comme un i-Pod sans musique, comme un bracelet sans perles, comme une guitare sans cordes, comme une partition sans notes, comme une histoire sans commencement. Un pain au chocolat sans chocolat, une blague sans rire, une pluie dans la forêt, sans d'odeur de résine fraîche par après.
Dis-le moi. Encore une fois. Tu n'as pas bien osé prononcer.
Cesse de nier, je sais bien que tu ne le penses pas. Et moi non plus. J'aimerais juste que quelqu'un me le dise, encore et encore. Ca ne sera jamais jamais jamais assez. Ce jaloux me le répète sans cesse, je ne me demande pas vraiment ce que tu en penses. Ah, que ça l'a amoché, la jalousie. Il me répugne.
Casse-moi, brûle-moi, blesse-moi, mais ne me laisse pas tomber.
Essaie. Une troisième fois. Juste une fois, pour que je le sache, pour peut-être, un jour, ne pas avoir de regrets.
Que je ne suis pas faite pour toi.